Dans son histoire immédiate un nouveau site.

L'histoire de l'Hôpital à L'Aigle commence il y a … longtemps, le Centre Hospitalier a connu plusieurs appellations : Maison Dieu / Hôtel Dieu / Hospice / Hôpital-Hospice / Hôpital Saint Louis / Établissement Public de Santé / Centre Hospitalier, et a été installé en divers lieux : rue Carnot / rue de Bec Ham / rue de la Madeleine / rue du Docteur Frinault… !

            Le testament de Jean II de Bretagne lègue, en 1302, « 500 cottes de Bureau et 500 paires de souliers pour cinq cents  pauvres de ses terres de L'Aigle et du Perche et 30 livres à la Maison-Dieu de L'Aigle ».

            Ce testament est le premier témoignage de l'existence d'un « hôpital » en notre ville. On ne sait pas exactement, en l'état actuel des recherches, depuis combien de temps cet « abri pour voyageurs malades » avait été créé, mais cela remonte à fort longtemps. Il est certain que de tout temps il y eu des malades et des guérisseurs… des soignants !

            Après la débandade des cadres romains, le personnage de l'évêque est devenu le « défenseur de la cité et père des pauvres ». le représentant de Dieu restait le seul recours des victimes des violences des hommes et de la nature. Ces victimes de la faim, du froid, de la maladie, de l'âge, de la brutalité, il fallait les nourrir, les vêtir, les héberger, les soigner, les ensevelir. N'oublions pas les femmes seules, les veuves, les nouveaux-nés, les orphelins, ainsi que les pérégrinis, pieux pèlerins et autres vagabonds qui attendent le vivre, le couvert, des soins et de la bienveillance. Hôtes d'un jour, d'une nuit ou de plus longue durée, ils trouvèrent place dans des Maisons d'accueil commune « Hospes ».

            Sous la houlette des mérovingiens l'une des premières formes d'hospitalité, au début du moyen âge, fut donc celle des évêques, qui, de fait, devaient réserver un quart des revenus de leurs églises à la sustentation et à l'hébergement des pauvres et des voyageurs… Les évêques reçurent des rappels à l'ordre lors de divers conciles : afin que les vagabonds sans travail n'errent pas à travers les cités, il fut réitéré aux évêques l'obligation d'accueillir pauvres et pèlerins dans leur demeure, de prendre les lépreux en charge. Les détournements et les aliénations des revenus destinés à l'assistance firent l'objet de sanction. Il fut rappelé aux évêques qu'ils étaient seulement des gestionnaires, non des propriétaires, des revenus de l'église, spécialement de la portion destinée aux pauvres.

            Au début de l'époque Carolingienne (827), dans le recueil d'Anségise, nous trouvons une énumération des types de maisons hospitalières empruntée au droit byzantin : nosochomium pour les malades, ptochotrophium pour les infirmes, orphanotrphium pour les orphelins, gerontopchonium pour les vieillards etc… Depuis, la charité chrétienne avait apposé sa marque et scellé la convergence de la vocation épiscopale et de celle des « êtres en souffrance ». Ce fut le déclencheur des attitudes et des gestes d'accueil, plus ou moins gauches, plus ou moins fréquents, plus ou moins efficaces, constamment prônés, sans cesse déformés, mais pérennes. L'hôpital, dès son origine, fut ainsi, à la fois sur le plan moral un « lieu vénérable » et sur le plan social et institutionnel un « lieux religieux » donc sacralisé.

            Si nous ramenons le fil de l'histoire à notre ville, nous pouvons aisément imaginer que Laigle et son hameau de Bec Ham se dut d'avoir un tel lieu d'accueil, sachant que dès 710 de pieux pèlerins se rendaient au Mont Saint-Michel et que vers l'an 800 la route vers Saint Jacques de Compostelle y était ouverte.

            Notre histoire nous dit que la première « Maison-Dieu » puis « Hôtel-Dieu » jouxtait l'église Saint-Martin, une plaque commémorative est installée à proximité du porche et on y lit :

« ICI, DU XIIe AU XVIIIe SIECLE, SE TROUVAIT L'HOTEL-DIEU DE LA TRES SAINTE TRINITE, DESSERVI PAR LES FEMMES ET LES JEUNES FILLES DE LA PAROISSE ET DEPUIS 1678 PAR LES SOEURS DE SAINT THOMAS DE VILLENEUVE. »

            A cet endroit, l'Hôtel-Dieu a fonctionné du XIIe au XVIIIe  siècle. C'est donc là le premier témoignage officiel de l'existence d'un « hôpital » à L'Aigle. Un fait très important, l'administration de cette Maison-Dieu en a été confiée aux habitants du bourg, les bourgeois, et non au seigneur du lieu.

            Les administrateurs gèrent en conseil le fonctionnement de cet Hôtel-Dieu et en nomment son chapelain, sans l'intervention de la cure. Cela ne fut pas sans discussion, mais le conseil eut toujours gain de cause. 

            En 1678, une assemblée tenue à la Maison de Ville réorganise l'Hôtel-Dieu. L'Aigle et sa région viennent de traverser une grande période de misère liée aux guerres de religion, ce qui entraîne pour l'établissement une diminution de ses ressources et une utilisation de certains de ses locaux, nous sommes toujours rue Carnot, à d'autres fins, grenier à sel et dépôt des biens saisies aux protestants. La décision est prise de confier l'Hôtel-Dieu aux Dames Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve pour le soin des malades. L' Hôtel-Dieu existe depuis plus de quatre siècles.

            En 1745, Jacques-Louis des Acres, troisième marquis de L'Aigle, décide de mieux installer les malades. Il achète, le 1er février de cette même année, l'emplacement du Couvent de Notre-Dame-de-la-Dilection,  les religieuses qui suivent la règle de Saint-Benoît ayant rejoint les dames religieuses de l’abbaye royale de Saint-Nicolas de Verneuil. Il y fait les travaux nécessaires et conclut avec les bourgeois de la ville, convoqués en Commune Spéciale, un accord d'échange de bâtiment et moyennant une somme de 1660 livres 13 sol 5 deniers et 160 livres .

            Voici donc l'Hôtel-Dieu transféré rue de Bec Ham. Cet établissement de soins se veut moderne pour son temps.  Aujourd'hui ce bâtiment est l'école de musique municipale, imaginez un instant : à votre droite l'ancienne mairie, école de musique… une salle d'infirmerie de 46 pieds de long sur 23 de large, dans sa continuité une chapelle (Caisse d'Epargne) à l'emplacement de la résidence des Tilleuls des bâtiments de soins, des communs, un four, la place de l'Europe un vaste jardin, verger et prairie avec vue directe sur la Risle. En 1791 … !

            Autre lieu de soin, autre temps, flash-back: le XIIe siècle, en mars 1146 à Vezelay .le prédicateur Bernard de Clairvaux harangue les foules à la demande de Louis VII roi de France.Richer II, cinquième baron de Laigle, part à la croisade, en  juin 1147.

            Notre baron Aiglon, revient de cette croisade avec ce qui reste des hommes d'armes de sa baronnie; ces rescapés sont pour la plupart infectés de cette horrible maladie contractée en Orient : la Lèpre.

            Elle sévissait à tel point au royaume de France, qu'il fut édicté des lois spéciales pour préserver la population de la contagion. Ces malheureux incurables furent mis au banc de la société. Il n'avait pas le droit de pénétrer dans l'enceinte des villes, des églises, des moulins. Ils mendiaient et devaient  annoncer leur approche par une sonnette ou une crécelle, on leur déposait de la nourriture dans des endroits convenus.

            Afin d'endiguer ce fléau et d'en abriter ses victimes, on créa des Maladreries. Richer II fonda à bonne distance de sa forteresse la « Léproserie dite de la Madeleine »  Son fils Richer III confirma par une charte les libéralités de son père, en ajouta de nouvelles en 1160 et ses successeurs firent de même afin de pérenniser ce lazaret.

           La flambée de la lèpre s'étant depuis longtemps apaisée, la maladrerie fut cédée à des moines mendiants, dits les pénitents du tiers ordre de l'ordre de Saint François et autrement appelés les Picpus, qui s'y établirent en 1620.

            Les ordres monastiques ayant été supprimés en 1791, la maladrerie de la Madeleine accueille en ses murs l'Hôtel-Dieu de la ville, les malades indigents et les sœurs de l'ordre de Saint Thomas.

            Pendant la Terreur, les religieuses durent s'éclipser un moment, en 1793. Seule, une certaine Rose Pie resta sur place ; son dévouement lui valut le respect des sans-culottes et le 13 fructidor an VIII (31 août 1800), la commission administrative demanda à la mère supérieure de reprendre son poste avec sa communauté auprès des malades et indigents.

            Au fil de l'histoire l'Hôpital-Hospice de la Madeleine conjointement à l'installation des sœurs  va prendre son essor ; services : de médecine, de chirurgie, une maternité, un hospice, un service de radiologie et en 1936 la création d'une École d'infirmières qui pendant une année sera sous l'égide de la Croix Rouge Monégasque. Dés lors et jusqu'à ce jour L'Aigle devint et reste la plus petite ville de France à posséder une école d'infirmières. L' Hôpital-Hospice avait aussi ses services généraux, une blanchisserie, des cuisines, un potager et une ferme.

            Le 7 juin 1944, la ville de L'Aigle est bombardée et l'hôpital est détruit, mort du DocteurFrinault, de deux éléves infirmières, d'une religieuse et d'une centaine de patients. Tout était prévu en cas de bombardement sauf qu'il n'y a plus d'hôpital !

            Au lendemain de cette tragédie, l'Hôpital-Hospice s'organise, la chirurgie est au château du Buat, la médecine et les vieillards au château du Fontenil et au château de l'Herpinière on met en place la maternité.
           Après la libération, dans des baraquements en bois, sur les ruines de l'hôpital, on reconstitue tant bien que mal les services, dans un provisoire qui durera quinze ans. 

            Les conseils d'administrations des 13 août 1946 et 21 janvier 1957 fixent le programme général des besoins. L' Hôpital-Hospice Saint Louis ouvre à Mérouvel, au 10 de la rue du Docteur Frinault en 1961. Tous les services, sauf l'hospice quittent le site de la Madeleine.

Les personnes âgées semi-valides et invalides prennent possession du nouveau service de gériatrie en juillet 1971. Les personnes âgées valides restent dans les baraquements en bois jusqu'en 1982, date à laquelle tous les services ont enfin intégré un même lieu.

Depuis le Centre Hospitalier est en constante évolution : création de nouveaux services pour être au plus près des besoins de la population, humanisation d'un certain nombre de services soit par des constructions nouvelles ou des réhabilitations et mise aux normes de sécurité des bâtiments. Ces trente dernières années furent riches en investissement, tant sur le plan humain que matériel. 


 

L'Établissement

Le centre hospitalier de l'Aigle qui est situé à 5 min à pied de la gare (1h30 de Paris - trains réguliers), dispose d'une offre de soins complète sur les prises en charge médicales et chirurgicales. Il dispose également d'un institut de formation pour les professionnels de santé.

Coordonnées

  • 10 rue du Docteur FRINAULT BP189 – 61305 L'AIGLE CEDEX
  • +33 (0)2 33 24 95 95
  • +33 (0)2 33 25 95 25
  • contact@ch-laigle.fr

Nos activités médicales

  • Urgences-Smur
  • Médecine
  • Chirurgie
  • Obstétrique
  • Unité de surveillance continue
  • Soins de suite et de réadaptation
  • Hébergements personnes âgées
  • Accueil de jour Alzheimer
  • Plateau médico-technique